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CORTOT & DESMAZIÈRES
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CORTOT & DESMAZIÈRES

Jean Cortot, peintre - Érik Desmazières, graveur

Ville de Nancy


Jean Cortot Peinture, inscriptions et belles lettres Charles Villeneuve de Janti Directeur du musée des Beaux-Arts de Nancy Ut pictura poesis, ces quelques mots tirés de L’Art poétique d’Horace ont été la pierre de touche des artistes de la Renaissance. Jean Cortot est un peintre humaniste. Ses toiles tiennent à la fois de l’hommage et de l’adresse amicale aux grands auteurs passés et présents. Comme l’expriment avec nostalgie les vers de Marceline Desbordes-Valmore, « une chère écriture est un portrait vivant ». Rien de commun cependant avec Basil Hallward, le peintre du portrait de Dorian Gray. Chez Cortot, les toiles incarnent les belles lettres et demeurent des oeuvres libres et affranchies de leurs sujets. Dans cette exposition, ses tableaux nous donnent à voir des représentations graphiques de la pensée. Dans un processus créatif empreint de synesthésie, les mots se colorent et prennent une dimension picturale sans perdre leur poésie. Cette alchimie du peintre inspira en retour au poète Jean Tardieu Les Graphèmes du peintre, un poème dédié à Jean Cortot, dont voici un extrait : « Ici le peintre prend le relais Il donne un corps presque palpable (avec le plaisir des couleurs) À l’invisible parole Comme le son au silence. » Non contente de l’avoir fait naître dans la ville qui abrita la plus célèbre bibliothèque de tous les temps, la Destinée glissa amoureusement dans ses doigts un pinceau, sous lequel le verbe se fait peinture. Érik Desmazières Gravures après la lettre Charles Villeneuve de Janti Directeur du musée des Beaux-Arts de Nancy Comme aime le rappeler Érik Desmazières, la gravure est un art tridimensionnel. Tel un chirurgien, il incise le cuivre. Ces ablations de matière sont ensuite greffées d’encre typographique. Ainsi naissent ces prodigieuses images, pensons-nous. C’est pourtant omettre que toute création est précédée d’un désir de créer. Cette aspiration n’est pas un besoin, elle se nourrit de passion, une passion pour les livres. Desmazières les parcourt, les illustre, les prend comme sujet. Il lui est même arrivé de représenter leur absence dans les magasins vides de la Bibliothèque nationale, voire de les consommer. Ainsi en est-il du registre d’un boulanger du xviiie siècle, dessiné, puis gravé avant d’être dépecé pour fournir le support de sa propre figuration. Sorte d’ontologie visuelle, cette mise en abyme pleine de poésie aurait fasciné Descartes lorsqu’il s’interrogeait sur les mécanismes de la perception en affirmant que notre connaissance des objets ne vient pas des sens mais de l’esprit. Érik Desmazières pourrait à juste titre se voir décerner le beau titre d’amateur, car c’est avec un regard plein de respect qu’il contemple les maîtres du passé. Suite à la remarquable exposition dédiée à Jacques Callot au Musée lorrain, il réalise en 1993 tout un travail autour des tentations de saint Antoine. Un magnifique fragment gouaché est entré au musée des Beaux-Arts de Nancy en 1999, grâce à l’exceptionnel don des frères Thuillier. Les groupes successifs se détachent les uns des autres comme un hommage plastique à la grande innovation technique de Callot : le vernis dur permettant à l’aquafortiste une grande finesse dans son dessin et un meilleur étagement des plans. Callot réalise une première version vers 1616-1617, au vernis mou, puis grave une seconde tentation en 1635, année de sa mort, au vernis dur. La lente maturation de ce sujet chez l’artiste lorrain, ainsi que sa quête de relief dans l’image n’est pas sans rappeler les très nombreux états des gravures de Desmazières qui sculpte ses cuivres (pour reprendre la formule avec laquelle signaient les graveurs d’autrefois) jusqu’à donner suffisamment de densité à ses images. Cette évolution laborieuse de l’image, au sens étymologique du terme, nous rappelle que l’artiste se nourrit de la littérature. En regardant, tels des sillons, les traits de ces tentations de saint Antoine, nous reviennent les mots d’Une saison en enfer d’Arthur Rimbaud : « La main à plume vaut la main à charrue. »

ISBN: 978-94-6161-191-8
Date de publication: jui 2014
Pages: 64
Illustrations: 60



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